Un bref historique de l’avenir des smartphones pliables

Déjà, il faut savoir que ce n’est pas un, mais plusieurs constructeurs qui ont introduit les téléphones pliables. Pour rappel, on a le classique Motorola Razr et le ZTE Axon M, une curiosité à deux écrans articulés. Récemment, il y a deux modèles avec des écrans qui se plient comme une feuille de papier. À savoir, c’est le FlexPai de Royole ainsi que le smartphone pliable de Samsung. Aussi futuriste qu’un affichage flexible puisse paraître, l’obstacle de la fragilité de l’écran a maintenant été surmonté.

La technologie pliable a mis du temps à venir, et ce n’est pas seulement pour le design. Depuis plus d’une décennie, des laboratoires de recherche plient et tordent des écrans flexibles sous différentes formes. Une manière de tester la fiabilité des dispositifs. Désormais, on est à l’aube d’une nouvelle génération de panneau d’affichage.

En effet, d’autres nouveaux composants plus performants ont été étudiés. Par la suite, des progrès techniques s’en sont découlé. Et par conséquent, une nouvelle génération d’écran flexible peut être produite et servir le consommateur actuel.

Une nouvelle vision de smartphone

Avant d’en venir aux solutions techniques qui permettent à un smartphone de se plier, il a été préférable de définir quelle serait sa particularité.

Samsung a présenté ce cas proprement lors de sa conférence annuelle des développeurs le 20 février. Des informations intéressantes ont été avancées par Justin Denison, le vice-président directeur marketing des produits mobiles de Samsung. « Quand c’est ouvert, c’est une tablette qui offre une expérience grand écran », a-t-il affirmé. Et une fois fermée, « c’est un téléphone qui tient parfaitement dans votre poche », a-t-il précisé.

En effet, cette faculté n’est pas seulement utile à notre époque. À une époque où les cycles de mise à niveau concernent surtout l’ergonomie, cette technologie tombe à point nommé. « Nous étions à court d’idées intéressantes…alors la bataille porte sur la taille de l’écran », explique Chris Harrison. Ce dernier est le professeur adjoint à l’Université de Carnegie Mellon.

La seule façon d’obtenir plus d’espace pour l’écran est de miniaturiser l’équipement, ou d’opter pour des matériaux pliables.

L’écran flexible, instamment en cours de développement

Samsung a fait d’énormes progrès sur le sujet, car l’industrie manquait d’autres nouvelles idées intéressantes pour innover les smartphones. En conséquence, la concurrence s’est effectivement portée sur la taille du panneau d’affichage. Un cadre du géant coréen Samsung avoue que « c’est plus compliqué que ce à quoi on pouvait s’attendre. »

Par exemple, un plus grand écran nécessite plus d’énergie. En outre, le coût de fabrication d’un smartphone avec de nouveaux matériaux nécessite une maîtrise d’un processus de fabrication particulier. D’ailleurs, le prix final du produit dépend de tellement plus que ces seuls paramètres.

En effet, l’une des grandes difficultés des fabricants réside dans la tarification. Il faut anticiper le prix à laquelle la plupart des consommateurs sont probablement prêts à payer.

La fabrication de l’écran flexible

Sur la plupart des smartphones phares d’aujourd’hui, on peut retrouver sur l’écran une fine couche appelée « Gorilla ». C’est une technologie ultra résistante, mais résolument non pliable. Après, pensez aux matériaux qui vont dans un écran OLED transparent pour smartphone. Il faut placer des couches minces de matière organique entre deux électrodes. Ainsi, ces derniers fournissent de l’électricité aux pixels, les allument et les éteignent.

Comme le matériau conducteur doit également être transparent, l’industrie a largement favorisé un matériau appelé oxyde d’indium et d’étain. Cette association est appelée ITO. « Le problème avec l’ITO est qu’il est cristallin. On ne peut pas le plier », confirme Roman Engel-Herbert. Cet expert est un spécialiste des matériaux à la Penn State University. L’écran fabriqué avec la technique ITO perd de la performance dès qu’on commence à le courber.

Les chercheurs ont donc essayé de trouver des solutions différentes, en particulier une électrode que l’on peut plier. Certaines usines ont utilisé des nano fils d’argent, en positionnant un filet dispersé à travers l’écran. Cependant, Engel-Herbert note que plus ces fils se croisent, moins ils sont efficaces en tant qu’électrodes.

L’oxyde de graphène est le composant le plus performant utilisé, mais à un coût considérable. Et d’ailleurs, ce n’est qu’un des composants nécessaires. L’entreprise C3 Nano fabrique un film conducteur transparent pour des écrans flexibles. « Il est évident qu’il est important d’avoir une capacité OLED», explique Cliff Morris, le PDG de la société.

Samsung est un précurseur

Bien évidemment, Samsung a refusé de préciser avec exactitude les matériaux qu’ils utilisent sur leur écran OLED flexible. Selon l’avis de Cliff Morris, l’entreprise utilise probablement une technique qui intègre le capteur tactile directement sur l’écran. Venant des fuites d’informations, la technique est appelée Y-OCTA. Il y a moins de couches, et de cette façon, la flexibilité devient possible.

Néanmoins, le numéro un de C3 Nano pense que bon nombre de sociétés ont déjà essayé plusieurs méthodes. Et avec une approche différente de la façon dont Samsung a procédé.

L’année dernière, BCC a effectué une analyse pertinente. Les rapports indiquent que le marché mondial des écrans OLED flexibles a plus que doublé entre 2016 et 2017. Il dépasse actuellement les deux milliards de dollars. Suivant les prévisions, le marché de l’affichage flexible devrait quadrupler d’ici 2022. Pour résumer, une vague de smartphones se profile à l’horizon.

Les difficultés encourues par les fabricants

En fait, si vous pliez quelque chose encore et encore au même endroit, vous constaterez des répercussions de la flexion. « Ces contraintes finiront par mener à une sorte d’échec », qualifie Chris Harrison. « Il n’y a aucun moyen de contourner la physique », ajoute ce professeur. Du moins jusqu’à aujourd’hui, car il a fallu repenser autrement. Par exemple, au lieu d’utiliser du verre, Samsung s’est contenté d’un polymère. En vérité, c’est l’un des éléments de composition de leur Infinity Flex. Breveté récemment par le géant coréen, c’est un nouvel écran qui peut se plier d’innombrable fois.

Cependant, ce panneau flexible ne peut se plier qu’en un seul endroit, mais sans aucun impact. Toutefois, Samsung garantit que le matériau peut résister jusqu’à des centaines de milliers d’ouvertures et de fermetures.

Un appareil multi tâche

Samsung confirme que le smartphone est pliable, mais il peut aussi exécuter jusqu’à trois applications à la fois. Toutefois, l’utilité de ces particularités dépendra de la manière dont chacun définit son smartphone idéal.

Ce sera une toute nouvelle catégorie d’appareil. Son utilisateur peut visionner une séquence sur le petit écran, lorsqu’il est plié. Ensuite, pour une expérience plus immersive, il suffit de déplier l’appareil pour avoir un plus grand affichage. Au fur et à mesure qu’on le déplie, les applications passent depuis le petit écran vers le plus grand. La taille du panneau pliable dépasserait même certaines tablettes. Apparemment, Samsung et Android favorisent les écrans flexibles en ce moment.

Beaucoup pensent que l’innovation sur le marché du smartphone devient difficile. Mais avec la technologie de l’écran OLED flexible, d’innombrables possibilités se présentent. Désormais, on peut imaginer une sorte de smartphone qu’on peut plier autour du poignet. D’ailleurs, Engel-Herbert de Penn State le cite comme exemple. Il avance qu’il ne considère pas nécessairement les écrans flexibles comme l’avenir. Toutefois, il confie que cette nouvelle technologie occasionne différentes possibilités de conception.

Dans tous les cas, l’écran pliable de Samsung est le premier pas dans la bonne direction. Assurément, l’avenir nous réserve de belles surprises.